Ce n’est pas parce que j’ai une formation aux accents mathématiques assez prononcés que j’ai envie de vous parler d’arithmétique aujourd’hui mais bien parce que c’est une réalité en tricot, on mesure, on compte, on calcule…les chiffres, les nombres sont indissociables de la pratique du tricot !


D’accord, d’accord, des petits nombres et des opérations simples, n’allons pas nous comparer avec une astrophysicienne ou un ingénieur en cryptographie. Restons les pieds sur terre, quel que soit le nombre d’ouvrages tricotés dans notre vie, il ne fera pas le poids sur un CV pour postuler à l’Agence Spatiale Européenne. Mais quand même, on jongle avec les chiffres et cet exercice, à mon avis, entretient aussi bien notre éveil logique que la pratique du sudoku. Il garde notre esprit vif !

Elle y va un peu fort l’Alexandra, là !? Et bien…C’est probablement insoupçonné, négligé voire déprécié pour qui n’est pas familier avec la pratique. Et je présume, voyez-vous, que les tricoteuses (*) elles-mêmes, minimiseraient la chose… A tort !
On fait un peu le tour ?

Ça commence avant même d’avoir monté la première maille (mais il y en aura plus qu’une et il faudra les compter!). Il faut évaluer le nombre de pelotes à acheter ou faire correspondre ce nombre avec un éventuel stock disponible. Et puis dans certains cas, il y a le choix de la taille, il faut connaître ses mesures ou les reprendre et choisir la taille qui nous siéra le mieux.

Évidemment le tricot ne se conçoit pas sans le sacro-saint échantillon ne serait-ce que pour savoir quelle grosseur de fil et quelle taille d’aiguilles utiliser et quoi de plus chiffré qu’un échantillon ? Nombre de mailles, de rangs, mesure et changement de numéro d’aiguilles le cas échéant.

échantillon en jacquard

Ou les plus aventurières vont travailler avec un échantillon qui ne correspond pas et… recalculer leurs propres chiffres du tout au tout ou calculer pour trouver la correspondance adéquate. Il y en a bien l’une ou l’autre qui m’entend encore insister « suis les instructions de cette taille mais les mesures de l’autre », non ?

Et comme on est dans la création personnelle, le « fait sur-mesures », on va adapter. En matière d’adaptation, la liste est longue et les calculs en sont l’instrument à chaque fois.

  • Raccourcir ou allonger le corps,
  • les manches,
  • le col,
  • les côtes,

et recalculer à chaque fois le nombre de rangs, ou les références à la « hauteur totale » tout au long des instructions. Éventuellement réduire un motif au profit d’un autre pour faire correspondre. Répartir autrement les diminutions ou les augmentations pour arriver au bon nombre de mailles sur cette longueur revue.

  • Ajouter un motif jacquard, ajouré ou relief,…

et recalculer son nombre de mailles pour que ça tombe juste avec un « multiple de 7 mailles plus 4 ». Et ensuite le répercuter sur les diminutions et les mailles à rabattre pour les épaules.

Et même en suivant simplement les instructions, on compte les mailles, les rangs, les motifs, on mesure, on suit la géométrie d’un schéma, on note.

On trouve les intervalles pour répartir les « 8 mailles d’augmentation sur le rang suivant ».

On soustrait le nombre de mailles du milieu puis on divise en deux pour savoir à la quantième maille on doit rabattre pour former l’encolure.

recalculer


On compte le nombre de cases colorées d’un motif intarsia pour évaluer la longueur du fil à couper.
On pèse la dernière pelote pour savoir si on peut rajouter un motif.

Et puis il y a les amoureuses des chiffres qui vont aller jusqu’à calculer le temps passé sur un ouvrage, les mètres tricotés cette année (les km en réalité) ou le nombre de pelotes évacuées de leur stock.

Bref, on compte puis on calcule, on calcule puis on compte, parfois même sans plus s’en rendre compte ! Si ce n’est, et là les choses sont claires, que ce n’est pas le moment de venir nous interrompre !

Voilà, je crois avoir bien fait le tour mais j’ai probablement oublié des exemples, à vous de compléter dans les commentaires.

(* ce terme n’excluant pas les tricoteurs quand c’est exprimé sur mon blog,et n’exclut en rien les crocheteuses non plus, il est peut-être bon de le rappeler de temps en temps)

Les maths du tricot
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