C’est une question qui m’est posée régulièrement.

On me montre l’ouvrage en cours et …le détail qui chiffonne quelques lignes plus bas ou sur toute la longueur.

une maille perdue
une maille perdue quelques cm plus bas dans l’écharpe de Sabin

Je n’ai évidemment pas LA réponse ! Parce qu’elle est personnelle, chacune ayant son niveau de tolérance. Je vous livre quand même ces quelques questions qui pourraient vous aider dans votre réflexion.

  • Tout d’abord, le fil est-il détricotable ?

Certains fils ne le sont pratiquement pas (fil mohair par exemple), là c’est la misère, il se peut que l’on doive carrément couper à certains endroits donc perdre une partie du fil, il faut en tenir compte.

  • Faut-il tout défaire ?

Si oui, car le résultat global ne vous plaît pas, j’ai tendance à dire que le meilleur choix est d’analyser les raisons du mauvais rendu puis de tout défaire effectivement, quitte à partir ensuite sur autre chose : un autre point, une autre taille d’aiguilles, se documenter sur la bonne pratique de cette technique, y revenir plus tard ou carrément changer de modèle.

  • Si non, combien faut-il défaire ?

Quelques lignes ? Plusieurs centimètres ? C’est embêtant mais pas forcément insurmontable.
Il faut parfois prendre un peu de distance émotionnelle, dédramatiser l’épreuve, laisser l’ouvrage de côté, s’occuper d’un autre projet entre temps, d’où l’intérêt d’en avoir deux (ou plus 😉 ) en cours en même temps. Et y revenir plus tard, plus sereine et se reposer alors la question. « Dédramatiser l’épreuve » peut paraître un peu fort vu de l’extérieur mais voilà, c’est comme ça, on s’applique, on s’investit, on se fait déjà une idée du résultat, tout ça ne peut pas se faire de manière détachée et froide, n’est-ce pas ?

  • Existe-t-il une astuce pour récupérer sans tout défaire ?

rattraper une maille au crochetmaille rattrapée au crochet

  • Est-ce que le temps de refaire sera le même ? C’est une question…bizarre. Je m’explique. Parfois ça va plus vite à refaire simplement parce que la première fois on a été ralenti par l’apprentissage, par beaucoup de questions qu’on se posait, des hésitations, un manque d’assurance…
  • Où se situe la faute ou l’imperfection? Est-ce que ça se verra comme le nez au milieu du visage une fois porté ou pas ?
  • Et vu de plus loin ? On prend un peu de distance physique cette fois,  on regarde l’ouvrage à bout de bras et on décide si l’effet est acceptable ou pas.

N’avez-vous pas l’une ou l’autre pièce achetée en prêt-à-porter qui n’est pas sans défaut ou dont les finitions ne sont pas impeccables et que vous portez pourtant sans complexe ?

Et enfin, il y a l’ultime question à prendre en compte.

  • Si je ne défais pas, est-ce que je vais porter cette pièce malgré tout ?

C’est l’élément déterminant. Le pire est selon moi, de ne pas défaire et regretter après coup. Parce que c’est le projet dans son entièreté qui est alors voué à l’inutilité.

Je défais ou je ne défais pas ?
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